Le baromètre Nexity/Ipsos dresse un sombre portrait de français pessimistes mais pas désespérés face au marché du logement.
AFFECTÉES PAR UNE CRISE QUI DURE, LES INTENTIONS D’ACHAT CHUTENT
Les intentions d’achat d’un logement ou d’un bien immobilier enregistrent une chute de 2 points pour s’établir à 12% des Français interviewés. La dégradation de la conjoncture économique, de même que le resserrement des conditions d’obtention des crédits semblent donc affecter directement le marché, alors que le manque de logements reste criant. Plus particulièrement, on constate une contraction importante des intentions d’achat dans le neuf : 4,6% des Français ont l’intention d’acheter un bien immobilier neuf au cours des douze prochains mois contre 5,5% en janvier 2012.
UNE SITUATION JUGÉE DIFFICILE, MAIS LÉGÈREMENT MOINS QU’AU COURS DES DERNIERS MOIS
Alors que le chômage monopolise largement leurs préoccupations, un léger regain d’optimisme semble se dessiner : la proportion de Français qui estiment difficile de trouver un logement en France aujourd’hui est en baisse de 8 points (75%). En revanche, 34% des personnes interrogées jugent que cela est encore très difficile.
Dans le détail, la difficulté à trouver un logement persiste très fortement notamment en ce qui concerne le logement d’urgence pour les plus démunis : 86% des Français pense que cela est difficile. Cette opinion s’explique d’autant plus en hiver lorsque les Français sont le plus sensibilisés à la question des sans-abri.
VERS UN RENVERSEMENT DE LA SPIRALE INFLATIONNISTE ?
Une partie des Français a le sentiment que la spirale de hausse des prix du logement touche à sa fin. Certes, une majorité de Français continue d’augurer une augmentation du coût de l’immobilier neuf dans les 6 prochains mois (63% à l’achat et jusqu’à 74% à la location), mais ce pronostic est en baisse par rapport à septembre 2012 (respectivement -6 points et -3 points).
Les pronostics relatifs aux prix des logements anciens semblent avoir une influence sur la perception de la difficulté à trouver un logement : Ainsi, 80% des Français estimant très difficile de trouver un logement pensent que les prix à l’achat dans le neuf vont augmenter, 81% pour les prix à la location.
CRISPATIONS AUTOUR DES DÉPENSES LIÉES AU LOGEMENT
C’est sur les prix qu’il faudrait agir prioritairement en matière de logement selon une large majorité de Français. Ainsi, 50% pensent qu’il faut prioritairement limiter la hausse des loyers, 29% qu’il faut limiter celle des prix à l’achat. Les Français souhaitent également, à 28%, que l’on s’occupe de la rénovation thermique des logements, en les rendant plus économes en énergie.
Par ailleurs, selon les Français, les dépenses liées au logement sont toutes en forte augmentation au cours des dernières années, notamment celles liées à l’énergie (94% pensent que les prix du chauffage et de l’électricité ont augmenté au cours des dernières années, suivies par les dépenses de gaz [89%]). Et ce alors que 58% des Français disent aujourd’hui boucler tout juste leur budget ou vivre sur leurs économies ou sur un/plusieurs crédit(s).
Enfin, il est intéressant de noter qu’un quart des Français ont déjà cherché à changer de logement pour finalement y renoncer, dont 38% à cause des prix/loyers trop élevés soit un total de 9% des Français ayant renoncé à changer de logement pour des raisons liées au prix d’acquisition ou de location.
LA RARÉFACTION ET LA HAUSSE DES PRIX DU FONCIER À L’ORIGINE DE LA HAUSSE DES PRIX DES LOGEMENTS NEUFS
Dans un contexte où 80% des Français jugent en augmentation les prix à l’achat des logements (neufs et anciens), et que 63% pensent qu’il en sera de même pour les logements neufs dans les 6 mois à venir, c’est la raréfaction du foncier et la hausse du prix des terrains qui est majoritairement pointée du doigt, (54% estiment que c’est ce qui explique le plus la hausse des prix des logements neufs, en hausse de 2 points par rapport à septembre 2012) devant l’augmentation des coûts de construction liés aux normes et labels (46% , en hausse de 1 point). En revanche, les marges des promoteurs et la pénurie de logements semblent moins incriminées, citées par respectivement 39% (-4 points) et 29% des Français (-5 points), quand les aides fiscales ne sont jugées responsables que par seulement 16% des Français.
LES FRANÇAIS NE CROIENT GUÈRE EN UNE AMÉLIORATION DURABLE DE LA SITUATION
Parce qu’elles vont dans le sens des actions jugées prioritaires par les Français, certaines des mesures récemment mises en place sous l’impulsion du gouvernement recueillent un avis favorable au sein de la population : la cession des terrains de l’État pour construire des logements sociaux, de même que l’encadrement des loyers et le renforcement de la loi SRU sont jugées favorablement par deux tiers à trois quarts des Français.
Près de 9 mois après l’élection présidentielle et la constitution du gouvernement par Jean-Marc Ayrault, un Français sur trois leur accorde sa confiance en matière de politique du logement. Malgré une attitude volontariste et un nombre important de mesures déjà en application, l’exécutif est perçu comme démuni face à une crise du logement qui s’enlise et une proportion toujours grandissante de mal logés, dans un contexte plus général d’augmentation continue du chômage et de crise économique durable.
Dans ce contexte, une majorité relative de Français (46%) pense que les choses en France en matière de logement ne vont pas changer, une proportion en hausse de 6 points par rapport au mois de septembre dernier. La proportion d’optimistes, pensant que les choses vont plutôt s’améliorer (19%, -2 points) reste inférieure à celle de pessimistes (33%, -3 points).
Si elle continue d’être jugée difficile, la situation du logement en France est perçue moins négativement qu’il y a quelques mois mais s’accompagne d’une défiance plus grande à l’égard du gouvernement et des difficultés persistantes liées au pouvoir d’achat. La baisse des prix dans certaines régions semble donner aux Français des raisons d’espérer, mais ils restent toutefois plutôt résignés quant à une amélioration de la situation.
Méthodologie Baromètre : étude réalisée par téléphone les 25 et 26 janvier puis le 28 janvier 2013 auprès de 958 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. L’échantillon est construit selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de famille, catégorie d’agglomération et région).
Méthodologie de l’Indicateur du logement neuf pour les intentions d’achat : étude réalisée en face-à -face du 4 au 7 janvier puis du 11 au 14 janvier auprès de 1963 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. L’échantillon est construit selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de famille, catégorie d’agglomération et région).

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